Vis ma vie de broke

Après des années à jouer online, une seule conclusion s’impose : je suis perdant. Finalement que ce soit à cause de mon jeu, de la poisse ou de la variance ou de la position de Mars en maison lune argentée 5ème décan, cela n’a pas trop d’importance, le résultat est là. Parlons résultat d’ailleurs. Vous savez, normalement, au poker, on dit qu’il ne faut pas être « result oriented » (oui parce que dans le milieu du poker, on aime bien parler avec des mots anglais). Moi je dis « bullshit » (pour rester dans la langue de Shakespeare bien qu’il n’ait probablement jamais utilisé ce mot).  Quand on est un joueur lambda, qu’on ne passe pas 8 heures par jour à jouer au poker, on est forcément result oriented. On joue pour prendre du plaisir. Et au poker, le plaisir pris est directement proportionnel à la somme d’argent gagnée. Je n’ai jamais vu un joueur (pro ou amateur) éructer de joie après un move parfait qui lui aura fait perdre sa cave ou sortir du tournoi. Jamais. Dans ce cas là, on a toujours le droit à un commentaire du type « j’ai bien joué, je suis content de mon move, après c’est les cartes, sur le long terme c’est Ev+ blablabla ».
En revanche, quand un type vient de gagner un EPT après une succession de coups de chatte (parce qu’un vainqueur de tournoi a forcément chatté), le joueur ressent curieusement un intense moment de bonheur. Oublié, les 20/80 gagnés, oublié les notions de Ev+/ Ev-. Tout ce qu’il voit, c’est la grosse thunasse qu’il va empocher et le titre qui va avec (mais très loin derrière).

Petites notes au passage pour les joueurs qui veulent nous faire croire qu’ils jouent pour le titre. Nulle doute que c’est important et gratifiant. Mais supprimez les billets qui vont avec et vous aurez tout de suite beaucoup moins de monde. Bref.

Revenons à cette merveilleuse notion de variance et à ma pomme puisque je suis aussi là pour parler un peu de moi. Je suis ce qu’on appelle un joueur occasionnel. Je n’ai pas envie de passer 8 heures à jouer sur un tournoi à 5€ pour espérer en gagner 200 quand la majorité du temps, je ne gagnerai rien ou tout juste de quoi acheter un ticket euromillion.
Le poker qui me fait vibrer, c’est celui qui offre des beaux prizepools (et idéalement en live). Je n’ai pas beaucoup de temps (ni d’argent) à consacrer à jouer, aussi, je dois choisir judicieusement. Malheureusement, ces derniers temps – et quand je dis « temps » – je pourrais dire mois – je ne chatte pas. Je ne dis pas que j’ai la poisse. Non. Je dis que je ne chatte pas. Fatigué de bust à la bulle avec KK vs AK après avoir perdu AA vs 88 comme cela m’est arrivé ce week-end lors d’un satellite pour le main event de winamax, je perds le mojo. Du coup, je joue forcément moins bien aussi. C’est un putain de cercle vicieux. Et quand on est dans le vicieux, c’est dur de passer dans le vertueux. C’est vrai dans bien des domaines. Le poker ne fait pas exception.

Alors la variance la dedans, quelle place a-t-elle? 

C’est simple: aucune. Je ne joue pas assez pour qu’elle est une place cette salope. Ce n’est pas avec 4/5 satellites et 2/3 tournois que je vais pouvoir équilibrer les probabilités. Surtout en période de déchattage complet.

Alors que faire? 

La première solution qui je pense est de loin la plus EV+, c’est d’arrêter de jouer. Radical et efficace. C’est une solution que j’envisage de plus en plus sérieusement. Mais j’aime ce jeu. Du coup, c’est dommage quand même.

La deuxième solution consiste à faire le dos rond. Attendre que l’orage passe. C’est ce que font les joueurs généralement. On réduit le volume de jeu, on joue sur des limites plus petites. L’objectif étant de retrouver la win et donc le plaisir. C’est une bonne solution. Mais il y a un problème: je l’ai déjà testée plus d’une fois. Et le résultat est toujours le même. Je remonte un peu de bankroll, je rejoue des petits sat pour tenter des beaux tournois ou des qualif live, je déchatte et je broke.

Alors quelle solution vais-je choisir? Vous le serez, en suivant mes prochains billets sur julienpoker (ou en me suivant ICI).

GL.

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18 Comments

  1. je crois que ne sais pas ce que veut dire result oriented, et quand on l’utilise.
    Evidemment que les joueurs jouent pour gagner de l’argent, et se fixent des objectifs directement liés à ça. Result oriented, ca n’a rien a voir lol 😉

  2. ouep je pense qu’il ne faut pas utliser ce terme ici. je comprends ce que tu veux dire, mais il ne faut pas l’expliquer avec « result oriented » ici 🙂
    bon courage 🙂

  3. je connais la définition, mais ce n’est pas ce que tu dis du tout 🙂

    voilà ce que tu dis: « Vous savez, normalement, au poker, on dit qu’il ne faut pas être « result oriented » »
    « Quand on est un joueur lambda, qu’on ne passe pas 8 heures par jour à jouer au poker, on est forcément result oriented. On joue pour prendre du plaisir. Et au poker, le plaisir pris est directement proportionnel à la somme d’argent gagnée. »

    Voilà ce qu’on comprends: etre result oriented c’est vouloir gagner de l’argent.

    Hors, result oriented, on l’utilise soit: en commentant une main. « Putain j’aurai pas du folder mes 2, j’auria fait brelan ».
    ou en commentant l’issue d’un tournoi: « putain si j’avais pas perdu ce pot, j’aurai fini 1er. ».

    Donc je ne nie pas qu’un joueur lambda ne joue pas pour gagner de l’argent, et que l’issue finale est de vouloir gagner de l’argent (ou pas en perdre 😉 ) mais je dis que utiliser l’expression result oriented comme on la connait, ou comme dans cette définition, porte a confusion (meme si je comprends ce que tu as voulu essayer de dire 🙂

    c’est tout 🙂

    maintenant tu nous edit ton putain d’article d’accord? 😉

    1. ce que je voulais dire c’est que jouer mal pour gagner est tout à fait acceptable pour un joueur lambda alors que jouer bien pour perdre, l’est beaucoup moins.

  4. C’est vrai que les sessions d’un joueur occasionnel sont souvent frustantes, on y retourne car on croit encore aux beaux prizepools mais sauter à la bulle sur un bad, ou peut-être pire, sauter 1h après à 2h du mat’ en 1/2 finale en ne faisant que x5 BI, où est l’intérêt ? J’avoue que la question me titille aussi, du coup j’espace les sessions de plusieurs jours histoire d’entretenir l’envie 😉

  5. Perso, je trouve que ton jeu est un peu trop agressif dans le sens où tu as tendance à souvent buster rapidement de tes MTT. Peut-être que jouer un peu plus en pot-control sur certains spots te permettrait de conserver un stack décent même lors de « rencontres hollywoodiennes », c’est d’autant plus vrai sur les MTT à hauts buy-ins avec de belles structures profondes (où généralement go broke avec top paire ou overpaire n’est pas top).
    Et souvent tu as tendance à buster rapidement avec ce genre de main (d’après ce que je vois sur VDJ^^).
    Le deuxième avantage, c’est qu’en jouant un peu plus prudemment, tu vas augmenter tes reads sur les joueurs (plus de tps passé aux tables=plus de mains jouées=plus d’infos sur vilains=plus de chance de deep run).

    Évidemment, ce que je dis n’est pas la vérité absolue, c’est juste la constatation faîte sur les quelques mains que je t’ai vu jouer et il se peut que je sois complètement à côté de la plaque 😉

  6. Qu’il est chiand ce stefal, c’est esxaxtement ce que je voulais dire.

    Et si tu jouais, juste pour le plaisir de jouer ? Sans aucune notion de bankroll, juste pour le plaisir.

    Tu gagnes 100€ sur le mois, tu en perds 100 et alors ?
    Tu t’amuses ?

    Il est ou le probleme ? Tu as avis de chip un super package , de chip un gros event ? Mais ca arrive tellement rarement que tu ne peux pas penser qu’a ca.

    Tu dois prendre ton pied en te demandant si sur ce spot il faut bet ou check/raise.
    Si ca ne t’amuse plus c’est mort

    Tres bon article

    Kenavo

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